La République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt avec 70 % des réserves planétaires et quatrième producteur de cuivre, dispose d’un potentiel minier colossal. Selon un rapport de l’ANAPI, le sous-sol congolais renfermerait plus de 24 billions de dollars de minerais encore inexploités, dont le diamant, l’or, le lithium et de nombreuses autres ressources stratégiques. Dans ce contexte, le nouveau ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, entend refonder la gouvernance du secteur pour que cette richesse bénéficie davantage à la population congolaise.
Le jeudi 27 novembre 2025, lors d’un briefing de presse co-animé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, sur les antennes de la RTNC, Louis Watum Kabamba a détaillé les grandes orientations de son action. Il a insisté sur l’urgence d’instaurer une gestion plus transparente du secteur minier, considérée comme indispensable pour attirer les investissements et restaurer la confiance des acteurs économiques.
« De la vision du Chef de l’État et des instructions reçues de la Première ministre, dans le cadre du programme d’action du gouvernement, j’ai défini des priorités. La première est de renforcer la bonne gouvernance, la traçabilité et la lutte contre la fraude minière, ainsi que d’encadrer l’artisanat minier comme il se doit, et de diversifier l’écosystème d’activités économiques autour des sites miniers afin que les richesses profitent aux Congolais », a déclaré le ministre.
Lutte contre la fraude et renforcement du cadre législatif
Le secteur minier congolais reste fragilisé par la fraude et les pratiques illégales, qui entraînent des pertes financières colossales pour l’État et nuisent à l’attractivité du pays. Pour y remédier, Louis Watum Kabamba promet des réformes « courageuses », notamment la consolidation du cadre juridique et réglementaire, le renforcement de la coordination interinstitutionnelle et un contrôle accru des activités des entreprises minières.
Ces mesures visent non seulement à mettre fin aux circuits parallèles, mais aussi à améliorer la fiabilité des données de production, un élément clé pour garantir la traçabilité des minerais, notamment du cobalt et du cuivre, très recherchés dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Donner aux Congolais une place dans le capital minier
Le ministre a également annoncé des réformes permettant aux Congolais de devenir actionnaires dans les projets miniers d’envergure. Une démarche présentée comme indispensable pour mieux redistribuer les bénéfices du secteur.
« Nous devons mettre en place des réformes qui permettront aux Congolais de participer au capital des grands projets miniers. Il est temps que les Congolais deviennent des actionnaires dans les mines », a-t-il affirmé, ajoutant que le pays devait aussi investir dans l’exploration géologique, en s’appuyant davantage sur les compétences locales.
Selon lui, renforcer les capacités nationales en géologie constitue une étape essentielle pour identifier de nouveaux gisements et stimuler un développement minier durable.
Une nouvelle dynamique pour un secteur stratégique
Avec ces annonces, Louis Watum Kabamba se positionne comme un acteur déterminé de la réforme du secteur minier. En misant sur la transparence, la traçabilité, la lutte contre la fraude et la valorisation des compétences locales, il ambitionne de transformer un secteur crucial pour l’économie nationale.
Si ces réformes se concrétisent dans les prochaines semaines, elles pourraient remodeler en profondeur le paysage minier congolais et ouvrir la voie à une meilleure redistribution des richesses issues du sous-sol, au bénéfice de l’ensemble de la population.
