Dans un rapport rendu public, l’organisation internationale Human Rights Watch révèle l’ampleur des violences sexuelles commises dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, notamment par des groupes armés non étatiques, dont les rebelles de l’AFC/M23, ainsi que par des soldats de l’armée congolaise.
Selon les conclusions du rapport, ces exactions s’inscrivent dans un contexte de crise sécuritaire persistante dans cette région du pays, où les civils, en particulier les femmes et les filles, continuent de payer un lourd tribut aux conflits armés.
HRW affirme avoir documenté des violences sexuelles perpétrées par des membres d’au moins cinq groupes armés non étatiques, ainsi que par des éléments des forces gouvernementales.
“ Les groupes armés et les forces militaires utilisent les violences sexuelles comme une arme de guerre dans l’est de la RD Congo ”, a déclaré Ida Sawyer, directrice de la division Crises, conflits et armes à Human Rights Watch. Elle souligne que ces crimes visent à terroriser les populations, à les punir ou à asseoir le contrôle sur les territoires disputés.
L’organisation alerte également sur la situation des survivantes, confrontées à de multiples obstacles après les agressions.
“ Les survivantes de ces crimes atroces sont confrontées à un climat d’impunité qui protège les responsables et à un système de santé privé de moyens pour les accompagner ”, a ajouté Ida Sawyer, dénonçant l’insuffisance des soins médicaux, psychologiques et juridiques disponibles. Dans le cadre de son enquête, Human Rights Watch a travaillé en novembre 2025 en collaboration avec SOFEPADI -Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral- , une organisation non gouvernementale locale basée à Beni et Bunia.
Les chercheurs et chercheuses ont recueilli les témoignages de 23 survivantes de violences sexuelles dans le nord-est de la RDC. Quatre autres survivantes congolaises, réfugiées en Ouganda après avoir fui les violences dans l’est du pays, ont également été interrogées.
HRW indique par ailleurs avoir échangé avec des autorités provinciales congolaises des secteurs de la santé et de la justice, ainsi qu’avec des représentants d’organisations nationales et internationales fournissant une assistance aux survivantes. L’organisation affirme avoir transmis ses conclusions au Département d’État des États-Unis, au porte-parole du gouvernement congolais et à la direction du groupe armé M23, sans toutefois recevoir de réponse à ce stade.
À travers ce rapport, Human Rights Watch appelle les autorités congolaises et la communauté internationale à renforcer la lutte contre l’impunité, à protéger les civils et à garantir un soutien adéquat aux survivantes, afin que les violences sexuelles cessent d’être utilisées comme instrument de guerre dans l’est de la RDC.
