Le ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Lucien Bussa, a donné ce lundi à Kinshasa le coup d’envoi de la campagne nationale de vulgarisation de la loi n°25/045 du 1er juillet 2025 relative à la gestion de l’espace territorial. Une réforme structurante qui ambitionne de moderniser en profondeur l’organisation spatiale de la République démocratique du Congo et de rompre définitivement avec le décret colonial de 1957, jugé obsolète face aux réalités démographiques et économiques actuelles.
Promulguée par le Chef de l’État, cette loi est présentée comme le socle d’un « nouveau contrat social territorial ».
Pour Jean-Lucien Bussa, il ne s’agit pas d’un simple texte juridique, mais d’un véritable instrument de souveraineté nationale destiné à optimiser l’affectation des espaces, à renforcer la compétitivité des provinces et à corriger les déséquilibres territoriaux qui ont longtemps entravé l’intégration nationale.
Un pilier du Congo de demain
En alignant la planification spatiale sur la configuration administrative issue de la Constitution de 2006, le ministre entend faire de l’aménagement du territoire la colonne vertébrale de toute politique de développement, tant en milieu urbain que rural.
“ L’armature du Congo de demain repose sur une gestion rationnelle, équitable et durable de son espace ”, a-t-il souligné.
Des innovations structurantes
La nouvelle loi introduit plusieurs innovations majeures qui redéfinissent la gouvernance des ressources physiques du pays. Parmi les avancées clés figurent la cohérence entre les priorités de développement et les décisions de répartition spatiale, la protection des intérêts vitaux des populations à travers des sauvegardes sociales, ainsi que l’intégration systématique de l’évaluation environnementale stratégique.
Autre nouveauté de taille : l’institutionnalisation d’un cadre de financement pérenne et la création de l’Observatoire National de l’Aménagement du Territoire (ONAT), chargé d’assurer le suivi et l’alerte en matière de gestion territoriale. À cela s’ajoute la mise en place des Conseils d’Aménagement du Territoire, des instances consultatives appelées à éclairer les décisions publiques, en synergie avec le Conseil National de l’Aménagement du Territoire.
Cette architecture institutionnelle vise à renforcer la coordination intersectorielle et à éviter les chevauchements de compétences entre ministères.
Un appel à la mobilisation collective
Conscient que l’efficacité de la loi dépendra de son appropriation par l’ensemble des acteurs, Jean-Lucien Bussa a lancé un appel à la mobilisation générale. Il a salué le travail des experts, l’engagement des secrétaires généraux et la contribution des partenaires techniques et financiers, avec une mention particulière pour le FONAREDD, appelé à jouer un rôle accru dans la mobilisation des ressources en faveur de l’aménagement du territoire.
Le ministre a enfin insisté sur la nécessité d’une vulgarisation inclusive, touchant aussi bien les institutions provinciales et les Entités Territoriales Décentralisées que le secteur privé, les communautés locales et les peuples autochtones pygmées. Un gage, selon lui, de l’ancrage durable de cette réforme au cœur de la société congolaise.
